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Retour sur les conférences

 

du 8 juillet

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Thanh Nghiem et le partage des savoirs.

Thanh Nghiem est diplômée de l’école des Mines et de l’Institut européen d’administration des affaires. Après avoir été la première femme directrice associée du cabinet McKinsey en France, puis directrice stratégique du groupe Suez-Ondeo, elle décide de quitter le milieu des grandes entreprises afin de se consacrer à l’accompagnement de projets novateurs pour l’intérêt général et développer l’accès au libre savoir.

Au sein de groupes de réflexion autour du besoin d’évolution des consciences comme celui des crapauds fous, Thanh nous a présenté durant l’évènement de présentation du collectif du 100ème singe du 8 juillet dernier, les axes principaux abordés par son groupe d’étude réunissant plus d’une trentaine de personnes d’horizons différents qui s’est réuni à la Fondation des Treilles pour rédiger le manifeste du crapaud fou.

Cette expression explique la survie d’une espèce grâce à un changement de comportement. En effet, le crapaud fou permet la survie de ses pairs du fait que le batracien ne suive pas ses congénères lors de la migration reproductive stéréotypée les amenant parfois à succomber en cas d’obstacle tel qu’une route.

Ce groupe de réflexion s’est donné pour objectif de faire face à 3 tsunamis identifiés :

  • Un tsunami écologique planétaire où le changement d’équation peut s’opérer avec l’aide du développement de nouveaux modèles collaboratifs pour la sauvegarde de l’environnement.
  • Un tsunami d’une société de post-vérité par les réseaux sociaux dont 70% des informations proviennent d’internet mettant en danger la démocratie puisque des sociétés sont créées principalement aux Etats-Unis pour lancer de fausses informations dîtes « fake ».
  • Un tsunami technologique par le déploiement du machine learning dans les grandes multinationales telles que les GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft). En effet, Google développe depuis 2016 des machines apprenant toutes seules en analysant tout le Data faisant des utilisateurs d’internet des cibles de la société de consommation. Le risque réside dans le fait que les machines n’ont pas d’éthique mais aussi que l’intelligence artificielle dépasse celle de l’homme.

Thanh exprime son inquiétude concernant les recherches de développement d’applications dont l’objectif est de provoquer la dépendance de l’utilisateur. Elle rappelle le combat de nombreux groupes tel que celui initié par Olivier Sichel qui a ainsi permis d’infliger au groupe Alphabet comprenant Google Shopping une amende de 2,42 milliards de dollars après 7 ans de lutte.

L’objectif de ces groupes de réflexion est donc de répondre au besoin d’un changement de niveau de conscience dans le déploiement de réseaux collaboratifs. Le fruit de cette collaboration s’est concrétisé à travers la rédaction d’un manifeste accessible en open source.

Le collectif du crapaud fou s’accorde à dire, comme Seth Goding, auteur et conférencier américain, ancien responsable du marketing de Yahoo, que la culture doit être changée par une cohorte de personnes passionnées en utilisant une méthodologie de travail collaboratif.

Thanh a été sensible à l’appel du Dalaï Lama qui déclarait durant l’été l’importance et la responsabilité de la France dans le changement des consciences dans son rayonnement idéologique lié à son histoire et à son inspirante déclaration des droits de l’homme.

Ce type d’organisation est déjà en expérimentation avec pour objectif la conception libre et durable d’outils liés à internet pour servir l’intérêt général.

Synthèse des propos recueillis par Sandra Hugonin durant l’évènement du 8 juillet 2017 organisé par le collectif du 100e Singe.

Pierre Besse, un homme engagé pour la permaculture.

Pierre Besse nous a présenté l’évolution des modèles agricoles lors d’une intervention suivie d’échanges avec le public le 8 juillet 2017 dernier, lors de l’évènement organisé par le 100e Singe.

Pierre Besse s’est installé comme maraîcher en agriculture biologique depuis une vingtaine d’années. Il s’est inspiré de la culture « naturelle » de Fukuoka Manasobu. Il dispose de 4000m2 de terrain pour y instaurer des micro-fermes et y développer des multi-cultures économiquement viables en permaculture.

Il déplore la disparition du modèle de polyculture des fermes familiales qui existaient jusqu’à la fin du siècle dernier et qui offraient des cultures diversifiées entre le potager, les arbres fruitiers, la culture céréalière ainsi que l’élevage sur 1 à 2 hectares.

Ce modèle a en effet peu à peu disparu durant la 2ème moitié du XXème siècle et a été remplacé par le modèle dit « conventionnel ». Après la Révolution verte, on a assisté à la dépossession de la connaissance pour n’être réservé qu’aux chercheurs, gestionnaires d’espaces verts et vendeurs de pesticides en inféodant le cultivateur. La production s’est concentrée pour ne servir qu’1 à 2 clients universels. La taille des fermes est devenue colossale. Cette agriculture est délétère pour l’environnement et a détruit un modèle de société portant en germe la captation de la production de notre alimentation et la main mise sur les biens fonciers.

C’est ce constat qui a amené P. Besse à la permaculture. Jeune ingénieur diplômé, c’est suite à la rencontre avec Emilia Hazelhip et Marc Bonfils qu’il est initié à l’agriculture naturelle selon Fukuoka Masanobu et à la permaculture.

Alors que Rudolf Steiner a contribué à une vision respectueuse de l’environnement en Europe à partir des années 20 et a défini les fondements de la biodynamie, Fukuoka a pratiqué une agriculture dite « naturelle » dans les années 80 au Japon sans travail permanent du sol.

Le développement d’une agriculture biologique garantit une innocuité environnementale malheureusement sans garantie puisqu’on assiste à une industrialisation du bio en grande surface.

Un courant porteur regroupe des maraîchers et des céréaliers où chacun s’affranchit du travail du sol pour une restructuration de sa composition.

La permaculture trouve son origine dans les années 70 en Australie grâce aux aborigènes respectant leur environnement. L’objectif est de statisfaire les besoins de base sans altérer les ressources naturelles. Elle s’articule autour de 3 principes :

  • Prendre soin de la terre
  • Prendre soin des autres
  • Partager les ressources équitablement (eau, semences, récoltes et accès au marché)

En même temps qu’elle définit un système social, la permaculture possède une dimension technique.

Elle représente aujourd’hui 1% des surfaces agricoles céréalières avec de meilleurs rendements et moins de charge de travail par une valorisation du potentiel spontané des sols par la vie microbienne et la présence des plantes. La végétation est vivante.

Cette agriculture représente un défit pour les céréaliers de l’agriculture conventionnelle formés à l’utilisation de désherbants. Elle s’oppose au productivisme et au travail du sol.

En Amérique du sud, dans des pays tels que le Chili, l’Argentine ou le Brésil, la permaculture révolutionne la notion de travail car elle offre un coût de production nettement plus faible. Au lieu de dégrader les sols, on les restaure. La restauration de la santé des sols s’évalue sur une unité de saison soit une génération.

Ainsi, face au dérèglement climatique, la permaculture peut être une réponse économiquement et socialement intégrée.

Synthèse des propos recueillis par Sandra Hugonin durant l’évènement du 8 juillet 2017 organisé par le collectif du 100e Singe.

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